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dimanche 11 janvier 2015
lundi 29 décembre 2014
Pour l' Histoire: En 2015, l' Europe commémorera un anniversaire tragique, dont les médias occidentaux parleront sans doute beaucoup moins que du débarquement de Normandie et/ou de la Bataille de Bastogne...
Pour l' Histoire: En 2015, l' Europe commémorera un anniversaire tragique, dont les médias occidentaux parleront sans doute beaucoup moins que du débarquement de Normandie et/ou de la Bataille de Bastogne: ce sera déjà le 70e anniversaire de la libération des camps ...
Plus que le débarquement allié, plus que la batille des Ardennes, dont on parle tant, la libération marque la fin de l' horreur nazie...
Mais pas seulement l' horreur. Il y eut encore l' enfer de Dresde, ensevelie sous 650.000 tonnes de bombes incendiaires, et puis Hiroshima et Nagasaki qui ont ouvert une nouvelle ère, celle de la menace nucléaire. Notre ère.
Les camps ne sont pas le produit de la folie guerrière. Ils constituent l' aboutissement logique d' un régime fondée sur une prétendue supériorité raciale et sur le refus systématique de la différence. Dachau date de 1933, Buchenwald de 1937 et les premiers détenus ont été des Juifs, certes, mais aussi des Gitans, des homosexuels, des objecteurs de conscience, des communistes u même des "rien du tout", la terreur étant pour les nazis une forme de gouvernement.
On ne sait pas avec précision combien de détenus ont péri dans les camps. Les estimations varient entre 11 et 18 millions, dont 6 millions de Juifs. Il y eut 500.000 survivants.
Un témoignage intéressant: paru dans l' hebdomadaire "Combat" le 18 février 1985, celui de Raymond MONSEUR, déporté à Büchenwald alors qu' il n' avait que 18 ans pour sa participation à la Résistance, relatif à l' enfer des camps, c' est-à-dire d' événements qui constituent notre passé, mais aussi, sous une forme ou une autre, le présent de milliers d' hommes de par le monde. À l' époque, Raymond Monseur était le secrétaire du secteur des Administrations Locales et Régonales de la CGSP de Liège, le prédécesseur d' Henri Mordant...
Déporté en tant que résistant ? Oui ! En 1941, les Allemands ont voulu me faire travailler dans une fabrique des Guillemins qui produisait entre autres des accessoires pour les camions de l' armée. J' ai refusé et comme je n' avais que 15 ans à l' époque, ils se sont contentés de me supprimer mes timbres de ravitaillement, ce qui posait quand même pas mal de problèmes, ...
J' en ai parlé à des camarades de mon quartier, Outremeuse, qui m' ont promis qu' ils me feraient parvenir des timbres par le biais de la Résistance. Je leur ai dit que cela me ferait plaisir de pouvoir leur rendre service à mon tour et, deux jours plus tard, ça n' a pas manqué, ils m' ont demandé de participer à leur réseau de distribution de la presse calndestine, le gars qui me précédait s' étant fait arrêter. Je ne faisais pas de porte à porte, mais j' approvisionnais une quizaine de sections locales et de sections d' entreprise, depuis le chantier naval de Jupille, jusqu' aux Presses Raskin à Angleur. On distribuait de tout: "Le Monde du Travail", "La Meuse", le bulletin des Amis de l' URSS, des tracts, des timbres, ...
15 ans: c' est jeune (?):
J' étais parmi les plus jeunes, ce qui soulevait pas mal d' appréhensions parmi mes camarades qui me demandaient souvent: "Que ferais-tu si tu étais arrêté ?". Je n' en savais rien, et eux non plus. On ne sait jamais d' ailleurs, ça dépend de tant de choses, et pas seulement du courage, mais des circonstances, de ce qu' on sait ou de ce qu' on ne sait pas, du comportement de la Gestapo, ...
Il faut être passé par là pour savoir ce que signifie la torture et quand j' entends condamner les résistants qui ont parlé, cela me met mal à l' aise. La marge est faible entre le héros et celui qui flanche.
Vous connaissez Lepouce, ce résistant qui s' est jeté d' une fenêtre du Palais dees Princes-Êvêques pendant son interrogatoire pour éviter de parler. C' est un héros, c' est évident, car il en faut du courage pour avoir fait ce qu' il a fait. Mais souvent, je me dis: "et s' il avait été attaché au radiateur et n' avait pas pu se suicider, qu' aurait-il fait ? Ce n' est pas une critique, ce n' est pas une mise en cause, entendons-nous, c' est une question qu' on peut se poser pour ceux qui ont parlé.
Mais, pour nous, tout a bien marché jusqu' en mai '44...
Arrêté par la Gestapo ?
Non, par des collaborateurs et c' est d' ailleurs, pour ce qui me concerne, le résultat d' un concours de circonstances. Mon père est mort le 26 mai 1944, alors que j' hébergeais un résistant recherché par les Allemands, Nicolas Penay, qui devait rencontrer mon responsable, Florian Vanderspeeten le lendemain. Normalement, on ne se voyait jamais à trois, toujours à deux. Mais comme Nicolas Penay était chez moi, j' ai décidé de l' accompagner chez Florian à qui je devais signaler que j' allais arrêter pour deux ou trois jours pour pouvoir m' occuper de l' enterrement de mon père, d' autant que j' avais un frère qui avait refusé le travail en Allemagne et qui devait se cacher lui aussi.
Nous avons été vus par trois Belges qui travaillaient pour la gestapo. Nous avons essayé de nous enfuir mais comme ils étaient en vélo et nous à pied, ils nous coincèrent assez rapidement et emmenèrent au siège de la Gestapo, boulevard d' Avroy.
Torturés ?
On a été frappés avec des nerfs de boeuf, ça fait mal. Aucun de nous trois n' a dénoncé des camarades. Il faut dire que les documents que nous portions nous dénonçaient nous-mlêmes. Moi, je disais que tout cela appartenait à mon père, qu' on ne parlait pas devant moi, parce que j' étais trop jeune. Ça ne pouvait plus lui faire du tort. Ils m' ont quand même emmené à St-Léonard. Je ne saurais pas dire combien de temps j' y suis resté exactement, mais ce que je sais c' est que j' y étais encore le 6 juin 1944, des gens s' étaient mis aux fenêtres et criaient aux prisonniers "Les alliés ont débarqué !".
C' est ensuite la déportation vers Büchenwald ?
Oui, je faisais partie du convboi des 60.000, non pas parce que nous étions 60.000, mais parce que nos numéros matricule commençaient tous par ce chiffre. Nous étions 550 Liégeois. Je ne sais pas combien en sont revenus, pas beaucoup je crois.
À l' arrivée, il y eut un véritable mouvement de panique car certains de nous avaient entendu parler des chambres à gaz et on nous a fait entrer dans une salle pleine de tuyaux, mais c' était seulement pour la désinfection, enfin si on veut, parce que tout ça, la lutte contre les poux, les soins, c' était de la parodie qui ne servait à rien.
Je ne suis pas resté à Büchenwald, pour nous cela n' a été qu' un camp de triage. Nous avons ensuite été emmenés dans des camps satellites, situés dans un rayon d' une centaine de kilomètres maximum: Dora, Artzungen, Élrich. On ne parle jamais de ces petits camps et pourtant les conditions y étaient bien plus dures qu' à Büchenwald où les prisonniers avaient encore une certaine organisation. À Élrich, il y avait un chef de camp, un droit commun, qui était un véritable sadique, oui, un vrai fou.
Dans les camps, il y avait pas mal de prisonniers de droit commun, on les reconnaissait à leur écusson, un triangle vert monté sur pointe. Les politiques avaient un écusson rouge et parmi eux, il y avait des Allemands emprisonnés depuis 1933, mais pas beaucoup parce qu' il était rare de survivre aussi longtemps. Il y avait les écussons jaunes des Juifs et les écussons noirs des Allemands, désignés comme "saboteurs".
La mort était partout présente dans les camps ?
Même dans les petits camps où j' étais, il y avait chaque jour des dizaines de morts. Mais il arrivait tellement de nouveaux prisonniers que les camps ne se dépeuplaient pas, au contraire. Nous devions entasser les cadavres dans un baraquement où même à l' air libre et, au bout d' une dizaine de jours, nous faisions un bûcher: on alternait les cadavres et les fagots puis on versait un produit noir, graisseux et on mettait le feu. Ça brûlait pendant des heures, sinon des jours, car il y avait au-moins 500 corps.
Cela, c' était l' horreur, mais une horreur quotidienne. J' ai été plus impressionné par les cadavres de trois prisonniers qui avaient tenté de s' évader: les Allemands les avaient littéralement fait déchiqueter par leurs chiens.
L' horreur, c' était aussi la faim ?
La faim, oui, c' est ça qui abattait l' homme. Je me souviens d' un type formidable, un joueur de rugby du Jura, en trois mois, il a été complètement liquidé. On ne recevait pratiquement rien comme nourriture, une tranche de pain de 2 ou 3 cm d' épaisseur avec une cuillerée de ce que les Allemands appelaient de la confiture, ou alors un dé de margarine ou rien. On avait parfois de la soupe. Un jour, elle était bourrée d' asticots, mais je ne pense pas qu' un seul l' ait jetée. J' ai mangé du bois brûlé, des herbes.
La faim provoquait la faiblesse, elle-même à cause de dysenteries terribles. J' ai eu la chance d' y échapper pendant ma captivité, j' ai été atteint seulement à la libération. J' ai souffert de furonculose ulcéreuse. J' ai encore les marques sur les jambes. La faim provoquait d' atroces maladies. Mais j' ai vu des morts suite à un oedème, c' est indescriptible.
Et malgré cela, il fallait travailler. La faim et l' épuisement, c' est ça qui tuait. On devait creuser des tunnels. J' ai appris ensuite que les Allemands comptaient y entreposer des V1 et des V2. Ils faisaient sauter des pans de terre à la dynamite et ensuite il fallait évacuer à la pelle. On en faisait le moins possible, bien sûr, on fichait la pelle dans la terre et on ne la levait que quand un garde nous regardait, mais c' était harassant quand même, d' autant qu' on avait de longues journées.
En principe, on faisait les équipes, mais les alertes, nombreuses à l' époque, les prolongeaient et on ne dormait pas beaucoup.
Il y avait aussi les appels et le froid ?
Les appels appels, oui. Il fallait rester debout, au garde à vous dans les allées du camp pendantque les gardes comptaient les prisonniers de leur groupe. Ensuite, ils totalisaient, mais ça ne tombait jamais juste et ils recommençaient indéfiniment. Ça n' aurait pas su tomber juste d' ailleurs car il avait trop de morts. Il y avait ceux qui mouraient au vu de tout le monde mais il y avait aussi ceux qui mouraient dans un coin, sous le baraquement où ils avaient trouvé refuge et qu'on ne retrouvait pas tout de suite.
Le froid, ce n'était pas le pire. On prenait n' importe quoi pour se protéger, des sacs de ciment vides, dans les tunnels, des chiffons. On ne voyait jamais traÎner un morceau de tissu dans le camp.
Parfois, on pouvait ramener un morceau de bois pour chauffer les baraquements, mais c'était plutôt rare. Il y avait beaucoup de lits dans un bloc. C'étaient des lits superposés, où nous dormions à trois, tête-bêche. Quand il faisait trop froid, on arrachait des planches aux châlits mais parfois on en arrachait de trop et ils s écroulaient avec leurs occupants.
Vous avez été libérés par les Russes ?
En avril '45. Mais avant cela il y a encore eu bien, des morts. Les Américains et les Russes avançaient et les Allemands ont évacué les camps. Le transport a duré douze jours et beaucoup de déportés sont morts victimes des bombardements alliés. On nous a ensuite parqués dans les ateliers d' Henkel Aviation, pendant une semaine ou deux, je ne sais plus, parce qu' alors j' étais pratiquement mort, je ne savais plus ni marcher, ni parler. C' est là qu' on a été libérés par les Russes.
Les soldats ont pleuré en nous voyant, je pense que c' était le prtemier camp que leur régiment libérait. Ils nous ont apporté de la nourriture à ne savoir qu' en faire et c' était une erreur, bien sûr, parce que nous avons mangé et que ça nous a rendus malades. C' est alors quer j' ai attrapé ma première dysenterie.
Ensuite, j' ai été soigné à Germendorf, dans un hôpital de campagne. On a cru aparfois que j' étais communiste, ce que je ne suis pas. Mais je suis peut être russophile, parce que je ne peux pas oublier les soldats russes qui m' ont sauvé la vie.
Il vous a fallu longtemps pour vous remettre ?
Plusieurs mois, oui, pour autant qu' on se remette jamais complètement. Au début, il m' arrivait souvent de "partir". Je ne m' évanouissais pas vraiment, mais un jour sur le pont d' Amercoeur j' ai dû me laisser glisser contre une pile. Les gens me regardaient.
Les déportés n' ont pas été vraiment aidés à leur retour ?
Les seuls qui nous aient aidés sans distinction d' appartenance à l' un ou l' autre réseau de résistance, ce sont les communistes. Ils y arrivaient d' une manière curieuse d' ailleurs car ils interceptaient les colis destinés aux inciviques emprisonnés à la Citadelle et à Saint-Léonard et les distribuaient aux anciens déportés. Par la suite, il y eu des pensions d' invalidité, mais personnellement, je ne l' ai obtenue qu' en 1948 car jusque là, je ne savais pas que j' y avais droit.
L' horreur des camps, c' est la faim, l' épuisement, la maladie, mais c' est aussi ce que des hommes imposent à d' autres hommes ?.
Les camps, c' est la loi de la Jungle: lI y avait des sadiques parmi les gardiens, mais il y avait aussi des types bien, parmi les militaires en tout cas. Ils ne nous embrassaient pas, ils ne nous donnaient pas leur pain, mais quelques uns avaient un comportement, humain. Un jour, j'avais ramassé un bois que je voulais ramener au bloc. Un garde civil m' a flanqué une raclée. Le lendemain, un jeune soldat m'a fait ramasser un bois et m' a escorté jusqu' à mon baraquement pour que je n' aie pas d' ennuis.
Que faisaient ces soldats comme gardiens de camps ?
C' était peut être des planqués, oiu des blessés, je ne sais pas. Je n' ai jamais, parlé avec des Allemands. Comme pour moi le plus grand mépris c' est le silence, c' était un peu ma vengeance.
Il y eu des actions de dévouement dans les camps, mais c' était un peu l' inverse qui était la règle. L' être humain est ainsi fait qu' il lui est difficile de poser un acte qui met en cause sa propre survie. Des prisonniers qui, dans la vie courante se seraient battus pour défendre un ami, volaient son pain. On bascule vite. Je me souviens d' un infirmier qui, au camp, volaient des médicaments pour soigner les prisonniers. À son retour de captivité, il a été demander de l' argent à des parents de déportés en leur disant qu' ainsi il pourrait faire revenir leur fils ou leur mari. Et ces déportés étaient morts. C' est un homme qui a été complètement déboussolé par les camps.
Les camps étaient souvent dans des endroits isolés. Dachau était dans les marais et Büchenwald dans la forêt de Weimar. On rencontrait peu de civils allemands, mais on en a vus pendant les transferts et on n' a pas à s' en réjouir: ils nous lançaient des pierres, surtout les gosses.
Quand on pense à l' état physique des déportés, véritables squelettes, c' est assez abjecte.
On avait des costumes de bagnards et ils nous prenaient pour des bandits. Mais quand j' ai vu, après la guerre, tos les Allemands dire qu' ils ne savaient pas, je trouve ça dégoûtant, parce que ce n' est as vrai. À ma libération, je n' ai jamais levé la main sur un Allemand, jer n' ai jamais eu un sentiment de vengeance, mais je ne peux oublier. Trop de copains y ont laissé leur peau.
Le camp de concentration diminue la confiance qu' on peut avoir dans l' homme ?
Les camps, c' est une chose, la vie courante, c' en est une utre. Lesq hommes, ce sont des hommes. On a tout dit quand on dit cela. Ils ont leurs défauts et leurs qualités, et dans les camps, ce sont les défauts qui prennent le dessus. Et si ' on revivait les mêmes situations extrêmes, on verrait réapparaître les mêmes horreurs.
Il suffirait que le régime bascule pour que les bourreaux réapparaissent ?
Oui, c' est mon sentiment. Des Hitler, il y en a quelques uns, même parmi les hommes politiques que l' on cotoye. Il faut donc éviter de laisser le régime glisser ves l' autoritarisme, vers la xénophobie. Un pays qui semble tout à fait mûr pour la chasse aux immiggrés, c' est la France. En Belgique, pas autant je crois. Peut être parce que nous n' avons pas un homme de l' "envergure" d' un Le Pen, ou parce que les Erikson et compgnie se braquent sur les problèmes flmands Mais, il faut être attentifs, c' est sûr.
Cette interview a été recueilie par Hélène Van de Schoor, dans "Combat", du 18 février 1985...
(mise à jour du 12/12/2014, ...)
Chronologie de la libération des camps:
- Maidanek: 24 juillet 1944
- Struthof - Natwiler: septembre 1944
- Auschwitz: 27 janvier 1945
- Dora: 9 avril 1945
- Buchenwald: 11 avril 1945
- Sachsenhausen: 22 avril 1945
- Flossenburg: 23 avril 1945
- Dachau: 29 avril 1945
- Ravensbrück: 30 avril 1945
- Mauthausen: 5 mai 1945
- Stutthof: mai 1945
- Gross Rosen: première libération: 13 février 1945, puis libération définitive en mai 1945.
La liste n' est pas complète: Bergen Belsen,..., sans oublier d' autres bagnes comme celui de Breendonk,en Belgique, etc, ...
Comment pardonner, oublier, effacer l' Histoire... ? Et au nom de quoi ... ?
La volonté d' avilir:
L' histoire qui m' toujours paru la plus atroce, dans un domaine où l' indicible est pourtant le quotidien, est rapportée par Kogon (cité par Bruno Bettelheim dans "le Coeur conscient" - Colection "Réponses". Robert Laffont - 1977):
"Un groupe de prisonniers juifs travaillaient à côté d' un groupe de risonniers polonais. Le SS qui les surveillait remarquant deux Juifs qui selon lui ralentissaient le rythme de leur travail, leur ordonna de se coucher dans le fossé et appela un prisonnier polonais S. pour les enterrer vivants. S. pétrifié de terreur et d' angoisse, refusa d' obéir. Le SS lui tapa dessus avec une pelle, mais S. persista dans son refus.
"Le SS ordonna aux deux Juifs de sortir du fossé et S. d' y entrer et ax deux Juifs d' enterrer le Polkonais. E proie à une anxiété mortelle, espérant échapper à ce sort eux-mêmes, ils jetèrent de la terre sur leur codétenu. Lorsque seule la tête de S. demeura visible, le SS leur ordonna de s' arrêter et de le déterrer.
"Une fois S. hors du fossé, les deux Juifs reçurent l' ordre d' y retourner et cette fois, S. obéit à l' injonction renouvelée de les enterrer, peut être parce qu' ils ' avaient pas refusé de l' enterrer lui, pet être parce ce qu' il espérait qu' ils seraient épargnés à la dernière minute. Mais cette fois, le SS e fit pas grâce.".
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Plus que le débarquement allié, plus que la batille des Ardennes, dont on parle tant, la libération marque la fin de l' horreur nazie...
Mais pas seulement l' horreur. Il y eut encore l' enfer de Dresde, ensevelie sous 650.000 tonnes de bombes incendiaires, et puis Hiroshima et Nagasaki qui ont ouvert une nouvelle ère, celle de la menace nucléaire. Notre ère.
Les camps ne sont pas le produit de la folie guerrière. Ils constituent l' aboutissement logique d' un régime fondée sur une prétendue supériorité raciale et sur le refus systématique de la différence. Dachau date de 1933, Buchenwald de 1937 et les premiers détenus ont été des Juifs, certes, mais aussi des Gitans, des homosexuels, des objecteurs de conscience, des communistes u même des "rien du tout", la terreur étant pour les nazis une forme de gouvernement.
On ne sait pas avec précision combien de détenus ont péri dans les camps. Les estimations varient entre 11 et 18 millions, dont 6 millions de Juifs. Il y eut 500.000 survivants.
Un témoignage intéressant: paru dans l' hebdomadaire "Combat" le 18 février 1985, celui de Raymond MONSEUR, déporté à Büchenwald alors qu' il n' avait que 18 ans pour sa participation à la Résistance, relatif à l' enfer des camps, c' est-à-dire d' événements qui constituent notre passé, mais aussi, sous une forme ou une autre, le présent de milliers d' hommes de par le monde. À l' époque, Raymond Monseur était le secrétaire du secteur des Administrations Locales et Régonales de la CGSP de Liège, le prédécesseur d' Henri Mordant...
Déporté en tant que résistant ? Oui ! En 1941, les Allemands ont voulu me faire travailler dans une fabrique des Guillemins qui produisait entre autres des accessoires pour les camions de l' armée. J' ai refusé et comme je n' avais que 15 ans à l' époque, ils se sont contentés de me supprimer mes timbres de ravitaillement, ce qui posait quand même pas mal de problèmes, ...
J' en ai parlé à des camarades de mon quartier, Outremeuse, qui m' ont promis qu' ils me feraient parvenir des timbres par le biais de la Résistance. Je leur ai dit que cela me ferait plaisir de pouvoir leur rendre service à mon tour et, deux jours plus tard, ça n' a pas manqué, ils m' ont demandé de participer à leur réseau de distribution de la presse calndestine, le gars qui me précédait s' étant fait arrêter. Je ne faisais pas de porte à porte, mais j' approvisionnais une quizaine de sections locales et de sections d' entreprise, depuis le chantier naval de Jupille, jusqu' aux Presses Raskin à Angleur. On distribuait de tout: "Le Monde du Travail", "La Meuse", le bulletin des Amis de l' URSS, des tracts, des timbres, ...
15 ans: c' est jeune (?):
J' étais parmi les plus jeunes, ce qui soulevait pas mal d' appréhensions parmi mes camarades qui me demandaient souvent: "Que ferais-tu si tu étais arrêté ?". Je n' en savais rien, et eux non plus. On ne sait jamais d' ailleurs, ça dépend de tant de choses, et pas seulement du courage, mais des circonstances, de ce qu' on sait ou de ce qu' on ne sait pas, du comportement de la Gestapo, ...
Il faut être passé par là pour savoir ce que signifie la torture et quand j' entends condamner les résistants qui ont parlé, cela me met mal à l' aise. La marge est faible entre le héros et celui qui flanche.
Vous connaissez Lepouce, ce résistant qui s' est jeté d' une fenêtre du Palais dees Princes-Êvêques pendant son interrogatoire pour éviter de parler. C' est un héros, c' est évident, car il en faut du courage pour avoir fait ce qu' il a fait. Mais souvent, je me dis: "et s' il avait été attaché au radiateur et n' avait pas pu se suicider, qu' aurait-il fait ? Ce n' est pas une critique, ce n' est pas une mise en cause, entendons-nous, c' est une question qu' on peut se poser pour ceux qui ont parlé.
Mais, pour nous, tout a bien marché jusqu' en mai '44...
Arrêté par la Gestapo ?
Non, par des collaborateurs et c' est d' ailleurs, pour ce qui me concerne, le résultat d' un concours de circonstances. Mon père est mort le 26 mai 1944, alors que j' hébergeais un résistant recherché par les Allemands, Nicolas Penay, qui devait rencontrer mon responsable, Florian Vanderspeeten le lendemain. Normalement, on ne se voyait jamais à trois, toujours à deux. Mais comme Nicolas Penay était chez moi, j' ai décidé de l' accompagner chez Florian à qui je devais signaler que j' allais arrêter pour deux ou trois jours pour pouvoir m' occuper de l' enterrement de mon père, d' autant que j' avais un frère qui avait refusé le travail en Allemagne et qui devait se cacher lui aussi.
Nous avons été vus par trois Belges qui travaillaient pour la gestapo. Nous avons essayé de nous enfuir mais comme ils étaient en vélo et nous à pied, ils nous coincèrent assez rapidement et emmenèrent au siège de la Gestapo, boulevard d' Avroy.
Torturés ?
On a été frappés avec des nerfs de boeuf, ça fait mal. Aucun de nous trois n' a dénoncé des camarades. Il faut dire que les documents que nous portions nous dénonçaient nous-mlêmes. Moi, je disais que tout cela appartenait à mon père, qu' on ne parlait pas devant moi, parce que j' étais trop jeune. Ça ne pouvait plus lui faire du tort. Ils m' ont quand même emmené à St-Léonard. Je ne saurais pas dire combien de temps j' y suis resté exactement, mais ce que je sais c' est que j' y étais encore le 6 juin 1944, des gens s' étaient mis aux fenêtres et criaient aux prisonniers "Les alliés ont débarqué !".
C' est ensuite la déportation vers Büchenwald ?
Oui, je faisais partie du convboi des 60.000, non pas parce que nous étions 60.000, mais parce que nos numéros matricule commençaient tous par ce chiffre. Nous étions 550 Liégeois. Je ne sais pas combien en sont revenus, pas beaucoup je crois.
À l' arrivée, il y eut un véritable mouvement de panique car certains de nous avaient entendu parler des chambres à gaz et on nous a fait entrer dans une salle pleine de tuyaux, mais c' était seulement pour la désinfection, enfin si on veut, parce que tout ça, la lutte contre les poux, les soins, c' était de la parodie qui ne servait à rien.
Je ne suis pas resté à Büchenwald, pour nous cela n' a été qu' un camp de triage. Nous avons ensuite été emmenés dans des camps satellites, situés dans un rayon d' une centaine de kilomètres maximum: Dora, Artzungen, Élrich. On ne parle jamais de ces petits camps et pourtant les conditions y étaient bien plus dures qu' à Büchenwald où les prisonniers avaient encore une certaine organisation. À Élrich, il y avait un chef de camp, un droit commun, qui était un véritable sadique, oui, un vrai fou.
Dans les camps, il y avait pas mal de prisonniers de droit commun, on les reconnaissait à leur écusson, un triangle vert monté sur pointe. Les politiques avaient un écusson rouge et parmi eux, il y avait des Allemands emprisonnés depuis 1933, mais pas beaucoup parce qu' il était rare de survivre aussi longtemps. Il y avait les écussons jaunes des Juifs et les écussons noirs des Allemands, désignés comme "saboteurs".
La mort était partout présente dans les camps ?
Même dans les petits camps où j' étais, il y avait chaque jour des dizaines de morts. Mais il arrivait tellement de nouveaux prisonniers que les camps ne se dépeuplaient pas, au contraire. Nous devions entasser les cadavres dans un baraquement où même à l' air libre et, au bout d' une dizaine de jours, nous faisions un bûcher: on alternait les cadavres et les fagots puis on versait un produit noir, graisseux et on mettait le feu. Ça brûlait pendant des heures, sinon des jours, car il y avait au-moins 500 corps.
Cela, c' était l' horreur, mais une horreur quotidienne. J' ai été plus impressionné par les cadavres de trois prisonniers qui avaient tenté de s' évader: les Allemands les avaient littéralement fait déchiqueter par leurs chiens.
L' horreur, c' était aussi la faim ?
La faim, oui, c' est ça qui abattait l' homme. Je me souviens d' un type formidable, un joueur de rugby du Jura, en trois mois, il a été complètement liquidé. On ne recevait pratiquement rien comme nourriture, une tranche de pain de 2 ou 3 cm d' épaisseur avec une cuillerée de ce que les Allemands appelaient de la confiture, ou alors un dé de margarine ou rien. On avait parfois de la soupe. Un jour, elle était bourrée d' asticots, mais je ne pense pas qu' un seul l' ait jetée. J' ai mangé du bois brûlé, des herbes.
La faim provoquait la faiblesse, elle-même à cause de dysenteries terribles. J' ai eu la chance d' y échapper pendant ma captivité, j' ai été atteint seulement à la libération. J' ai souffert de furonculose ulcéreuse. J' ai encore les marques sur les jambes. La faim provoquait d' atroces maladies. Mais j' ai vu des morts suite à un oedème, c' est indescriptible.
Et malgré cela, il fallait travailler. La faim et l' épuisement, c' est ça qui tuait. On devait creuser des tunnels. J' ai appris ensuite que les Allemands comptaient y entreposer des V1 et des V2. Ils faisaient sauter des pans de terre à la dynamite et ensuite il fallait évacuer à la pelle. On en faisait le moins possible, bien sûr, on fichait la pelle dans la terre et on ne la levait que quand un garde nous regardait, mais c' était harassant quand même, d' autant qu' on avait de longues journées.
En principe, on faisait les équipes, mais les alertes, nombreuses à l' époque, les prolongeaient et on ne dormait pas beaucoup.
Il y avait aussi les appels et le froid ?
Les appels appels, oui. Il fallait rester debout, au garde à vous dans les allées du camp pendantque les gardes comptaient les prisonniers de leur groupe. Ensuite, ils totalisaient, mais ça ne tombait jamais juste et ils recommençaient indéfiniment. Ça n' aurait pas su tomber juste d' ailleurs car il avait trop de morts. Il y avait ceux qui mouraient au vu de tout le monde mais il y avait aussi ceux qui mouraient dans un coin, sous le baraquement où ils avaient trouvé refuge et qu'on ne retrouvait pas tout de suite.
Le froid, ce n'était pas le pire. On prenait n' importe quoi pour se protéger, des sacs de ciment vides, dans les tunnels, des chiffons. On ne voyait jamais traÎner un morceau de tissu dans le camp.
Parfois, on pouvait ramener un morceau de bois pour chauffer les baraquements, mais c'était plutôt rare. Il y avait beaucoup de lits dans un bloc. C'étaient des lits superposés, où nous dormions à trois, tête-bêche. Quand il faisait trop froid, on arrachait des planches aux châlits mais parfois on en arrachait de trop et ils s écroulaient avec leurs occupants.
Vous avez été libérés par les Russes ?
En avril '45. Mais avant cela il y a encore eu bien, des morts. Les Américains et les Russes avançaient et les Allemands ont évacué les camps. Le transport a duré douze jours et beaucoup de déportés sont morts victimes des bombardements alliés. On nous a ensuite parqués dans les ateliers d' Henkel Aviation, pendant une semaine ou deux, je ne sais plus, parce qu' alors j' étais pratiquement mort, je ne savais plus ni marcher, ni parler. C' est là qu' on a été libérés par les Russes.
Les soldats ont pleuré en nous voyant, je pense que c' était le prtemier camp que leur régiment libérait. Ils nous ont apporté de la nourriture à ne savoir qu' en faire et c' était une erreur, bien sûr, parce que nous avons mangé et que ça nous a rendus malades. C' est alors quer j' ai attrapé ma première dysenterie.
Ensuite, j' ai été soigné à Germendorf, dans un hôpital de campagne. On a cru aparfois que j' étais communiste, ce que je ne suis pas. Mais je suis peut être russophile, parce que je ne peux pas oublier les soldats russes qui m' ont sauvé la vie.
Il vous a fallu longtemps pour vous remettre ?
Plusieurs mois, oui, pour autant qu' on se remette jamais complètement. Au début, il m' arrivait souvent de "partir". Je ne m' évanouissais pas vraiment, mais un jour sur le pont d' Amercoeur j' ai dû me laisser glisser contre une pile. Les gens me regardaient.
Les déportés n' ont pas été vraiment aidés à leur retour ?
Les seuls qui nous aient aidés sans distinction d' appartenance à l' un ou l' autre réseau de résistance, ce sont les communistes. Ils y arrivaient d' une manière curieuse d' ailleurs car ils interceptaient les colis destinés aux inciviques emprisonnés à la Citadelle et à Saint-Léonard et les distribuaient aux anciens déportés. Par la suite, il y eu des pensions d' invalidité, mais personnellement, je ne l' ai obtenue qu' en 1948 car jusque là, je ne savais pas que j' y avais droit.
L' horreur des camps, c' est la faim, l' épuisement, la maladie, mais c' est aussi ce que des hommes imposent à d' autres hommes ?.
Les camps, c' est la loi de la Jungle: lI y avait des sadiques parmi les gardiens, mais il y avait aussi des types bien, parmi les militaires en tout cas. Ils ne nous embrassaient pas, ils ne nous donnaient pas leur pain, mais quelques uns avaient un comportement, humain. Un jour, j'avais ramassé un bois que je voulais ramener au bloc. Un garde civil m' a flanqué une raclée. Le lendemain, un jeune soldat m'a fait ramasser un bois et m' a escorté jusqu' à mon baraquement pour que je n' aie pas d' ennuis.
Que faisaient ces soldats comme gardiens de camps ?
C' était peut être des planqués, oiu des blessés, je ne sais pas. Je n' ai jamais, parlé avec des Allemands. Comme pour moi le plus grand mépris c' est le silence, c' était un peu ma vengeance.
Il y eu des actions de dévouement dans les camps, mais c' était un peu l' inverse qui était la règle. L' être humain est ainsi fait qu' il lui est difficile de poser un acte qui met en cause sa propre survie. Des prisonniers qui, dans la vie courante se seraient battus pour défendre un ami, volaient son pain. On bascule vite. Je me souviens d' un infirmier qui, au camp, volaient des médicaments pour soigner les prisonniers. À son retour de captivité, il a été demander de l' argent à des parents de déportés en leur disant qu' ainsi il pourrait faire revenir leur fils ou leur mari. Et ces déportés étaient morts. C' est un homme qui a été complètement déboussolé par les camps.
Les camps étaient souvent dans des endroits isolés. Dachau était dans les marais et Büchenwald dans la forêt de Weimar. On rencontrait peu de civils allemands, mais on en a vus pendant les transferts et on n' a pas à s' en réjouir: ils nous lançaient des pierres, surtout les gosses.
Quand on pense à l' état physique des déportés, véritables squelettes, c' est assez abjecte.
On avait des costumes de bagnards et ils nous prenaient pour des bandits. Mais quand j' ai vu, après la guerre, tos les Allemands dire qu' ils ne savaient pas, je trouve ça dégoûtant, parce que ce n' est as vrai. À ma libération, je n' ai jamais levé la main sur un Allemand, jer n' ai jamais eu un sentiment de vengeance, mais je ne peux oublier. Trop de copains y ont laissé leur peau.
Le camp de concentration diminue la confiance qu' on peut avoir dans l' homme ?
Les camps, c' est une chose, la vie courante, c' en est une utre. Lesq hommes, ce sont des hommes. On a tout dit quand on dit cela. Ils ont leurs défauts et leurs qualités, et dans les camps, ce sont les défauts qui prennent le dessus. Et si ' on revivait les mêmes situations extrêmes, on verrait réapparaître les mêmes horreurs.
Il suffirait que le régime bascule pour que les bourreaux réapparaissent ?
Oui, c' est mon sentiment. Des Hitler, il y en a quelques uns, même parmi les hommes politiques que l' on cotoye. Il faut donc éviter de laisser le régime glisser ves l' autoritarisme, vers la xénophobie. Un pays qui semble tout à fait mûr pour la chasse aux immiggrés, c' est la France. En Belgique, pas autant je crois. Peut être parce que nous n' avons pas un homme de l' "envergure" d' un Le Pen, ou parce que les Erikson et compgnie se braquent sur les problèmes flmands Mais, il faut être attentifs, c' est sûr.
Cette interview a été recueilie par Hélène Van de Schoor, dans "Combat", du 18 février 1985...
(mise à jour du 12/12/2014, ...)
Chronologie de la libération des camps:
- Maidanek: 24 juillet 1944
- Struthof - Natwiler: septembre 1944
- Auschwitz: 27 janvier 1945
- Dora: 9 avril 1945
- Buchenwald: 11 avril 1945
- Sachsenhausen: 22 avril 1945
- Flossenburg: 23 avril 1945
- Dachau: 29 avril 1945
- Ravensbrück: 30 avril 1945
- Mauthausen: 5 mai 1945
- Stutthof: mai 1945
- Gross Rosen: première libération: 13 février 1945, puis libération définitive en mai 1945.
La liste n' est pas complète: Bergen Belsen,..., sans oublier d' autres bagnes comme celui de Breendonk,en Belgique, etc, ...
Comment pardonner, oublier, effacer l' Histoire... ? Et au nom de quoi ... ?
La volonté d' avilir:
L' histoire qui m' toujours paru la plus atroce, dans un domaine où l' indicible est pourtant le quotidien, est rapportée par Kogon (cité par Bruno Bettelheim dans "le Coeur conscient" - Colection "Réponses". Robert Laffont - 1977):
"Un groupe de prisonniers juifs travaillaient à côté d' un groupe de risonniers polonais. Le SS qui les surveillait remarquant deux Juifs qui selon lui ralentissaient le rythme de leur travail, leur ordonna de se coucher dans le fossé et appela un prisonnier polonais S. pour les enterrer vivants. S. pétrifié de terreur et d' angoisse, refusa d' obéir. Le SS lui tapa dessus avec une pelle, mais S. persista dans son refus.
"Le SS ordonna aux deux Juifs de sortir du fossé et S. d' y entrer et ax deux Juifs d' enterrer le Polkonais. E proie à une anxiété mortelle, espérant échapper à ce sort eux-mêmes, ils jetèrent de la terre sur leur codétenu. Lorsque seule la tête de S. demeura visible, le SS leur ordonna de s' arrêter et de le déterrer.
"Une fois S. hors du fossé, les deux Juifs reçurent l' ordre d' y retourner et cette fois, S. obéit à l' injonction renouvelée de les enterrer, peut être parce qu' ils ' avaient pas refusé de l' enterrer lui, pet être parce ce qu' il espérait qu' ils seraient épargnés à la dernière minute. Mais cette fois, le SS e fit pas grâce.".
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CHARLEROI: un grand bravo pour MAGNETTE et sa majorité PS - CDH – MR: ça c’ est DE LA “DEMOCRATIE” à la carte ! De quoi inspirer le Führer NV-A qui siège à ANTWERPEN !
CHARLEROI: un grand bravo pour MAGNETTE et sa majorité PS - CDH – MR: ça c' est DE LA "DEMOCRATIE" à la carte ! De quoi inspirer le Führer NV-A qui siège à ANTWERPEN !
Mise à jour : mercredi 17 décembre 2014 09h50
CHARLEROI
Charleroi ne veut pas de journaliste amateur à son conseil communal
- Source: lavenir
- Didier ALBIN
Circulez, y'a rien à voir! Le conseil communal de Charleroi veut s'opposer à ce que des citoyens filment ou enregistrent le débat public.
Le téléjournalisme citoyen et le photoreportage amateur, c'est fini au conseil communal de Charleroi. Pour être autorisé (???) à prendre des images ou du son durant le débat public, il faudra désormais détenir une carte de presse. Ou obtenir une dérogation du bourgmestre.
À l'ordre du jour de la séance du conseil de ce mercredi, la majorité tripartite a inscrit l'adoption d'un nouveau règlement organisant le fonctionnement des médias au sein de l'assemblée (Les médiasw sous contrôle PS!). Le projet est porté par les trois chefs de groupe PS (Gérard Monseux), MR (Olivier Chastel) et cdH (Véronique Salvi). L'objectif est de préserver la sérénité du débat.
Pour la conseillère communale d'opposition Sofie Merckx (PTB), il s'agit au contraire d'un nouveau pas de recul de la démocratie. «À Charleroi, la tripartite au pouvoir cultive l'art de l'opacité, dit-elle. Au lieu d'organiser la transparence, elle se protège de l'opinion publique. Que des gens veuillent savoir ce qui se passe et ce qui se dit au conseil communal, cela nous semble normal. Nous ne comprenons pas en quoi cela peut déranger les membres du conseil communal.»
Le PTB entend proposer au collège l'organisation de la retransmission en direct des débats du conseil communal. «Comme cela se fait à la Chambre des représentants où il est possible d'entendre la réponse d'un ministre à une question parlementaire ou la position de son gouvernement dans un débat de société! À Charleroi, c'est à reculons que l'on avance dans le domaine de l'information au citoyen: le compte rendu intégral du conseil communal a été supprimé, il faut se contenter de textes de synthèse ou prendre le temps de chercher le propos dans les enregistrements. Alors que la ville de Liège met en ligne son budget, Charleroi n'en fait rien. Nous estimons qu'il faut renforcer la clarté. C'est comme cela que l'on sert la démocratie! Nous nous demandons enfin sur base de quels critères le bourgmestre va octroyer des dérogations. Car tout est laissé à sa seule appréciation!»
À l'ordre du jour de la séance du conseil de ce mercredi, la majorité tripartite a inscrit l'adoption d'un nouveau règlement organisant le fonctionnement des médias au sein de l'assemblée (Les médiasw sous contrôle PS!). Le projet est porté par les trois chefs de groupe PS (Gérard Monseux), MR (Olivier Chastel) et cdH (Véronique Salvi). L'objectif est de préserver la sérénité du débat.
Pour la conseillère communale d'opposition Sofie Merckx (PTB), il s'agit au contraire d'un nouveau pas de recul de la démocratie. «À Charleroi, la tripartite au pouvoir cultive l'art de l'opacité, dit-elle. Au lieu d'organiser la transparence, elle se protège de l'opinion publique. Que des gens veuillent savoir ce qui se passe et ce qui se dit au conseil communal, cela nous semble normal. Nous ne comprenons pas en quoi cela peut déranger les membres du conseil communal.»
Le PTB entend proposer au collège l'organisation de la retransmission en direct des débats du conseil communal. «Comme cela se fait à la Chambre des représentants où il est possible d'entendre la réponse d'un ministre à une question parlementaire ou la position de son gouvernement dans un débat de société! À Charleroi, c'est à reculons que l'on avance dans le domaine de l'information au citoyen: le compte rendu intégral du conseil communal a été supprimé, il faut se contenter de textes de synthèse ou prendre le temps de chercher le propos dans les enregistrements. Alors que la ville de Liège met en ligne son budget, Charleroi n'en fait rien. Nous estimons qu'il faut renforcer la clarté. C'est comme cela que l'on sert la démocratie! Nous nous demandons enfin sur base de quels critères le bourgmestre va octroyer des dérogations. Car tout est laissé à sa seule appréciation!»
BELGIQUE: TOP 1000 des bénéfices | Do-Ré-Mi-Fa-Solidarité | Cuban Five
From: PTB
Sent: Friday, December 19, 2014 3:51 PM
Subject: TOP 1000 des bénéfices | Do-Ré-Mi-Fa-Solidarité | Cuban Five
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FRANCE "démocratique": Hommage à Georges Marchais ! Chuuuut !
From: Jany sanfelieu
Sent: Sunday, December 21, 2014 3:33 PM
Camarades et amis,
pour information.
Bien cordialement,
Jany Sanfelieu
Hommage à Georges MARCHAIS ….
AU NOM DE L'AVENIR, par Georges Gastaud -
Marchais n'est plus, ils débaptisent
Le parvis qui portait son nom
Même au tombeau, un communiste
Fait peur aux cons et aux patrons !
Le parvis qui portait son nom
Même au tombeau, un communiste
Fait peur aux cons et aux patrons !
Communiqué du PRCF
Une alliance de circonstance, Droite-Écolo, unie par l'anticommunisme, a fait main basse sur Villejuif. Cette majorité a décidé de débaptiser le « Parvis Georges Marchais ».
Cette décision est scandaleuse.
Soulignons que les attaques de droite dont Georges Marchais fut l'objet de la part de la direction mutée du PCF-PGE ont créé les conditions de cette mauvaise action maccarthyste.
Cette affaire apparait comme la volonté d'effacer de l'histoire et de la mémoire un homme qui, à sa façon, voulait faire vivre un Parti Communiste en France et avait su maintenir, vis à vis de l'UE, une ligne euro-critique radicale sur une base de classe.
Les militants du PRCF participeront au rassemblement de lundi et exigent que ce lieu de Villejuif reste le « Parvis Georges Marchais ».
Un très bel hommage à Georges Marchais de Danielle Bleitrach
https://histoireetsociete.wordpress.com/2014/12/20/lalliance-sur-la-base-de-lanticommunisme-primaire-minable/
Ils s'y sont tous mis de l'UMP aux « écologistes » pour prendre Villejuif la Rouge… mais non contents de cet exploit il leur faut effacer le passé de cette ville rouge et de l'un de ses enfants… Georges Marchais était une force de la nature et l'affronter tenait de l'exploit, mais il était dénué de véritable rancune si la bonne foi était mutuelle et si cela ne nuisait pas au parti qu'il avait en charge. J'ai toujours respecté la manière dont il était proche des exploités, des pauvres, des faibles, la manière dont il prétendait leur faire un rempart de sa force. J'aimais aussi la tendresse qu'il éprouvait pour Aragon, la manière dont il a assuré au vieil homme une aide discrète et amicale jusqu'au bout. Alors quand je vois ces gens oser effacer son nom, j'ai l'impression d'un temps qui se désagrège un peu plus dans la haine et le déshonneur… Ils n'auraient pas osé l'affronter vivant, ils crachent sur sa tombe…
C'était un homme superbement intelligent et un travailleur acharné, il était bon, attentif à la misère, respectueux des militants… Que cette bande de nains de toutes obédiences, ce ramassis de minables veuille effacer son nom de la mémoire de sa ville est une infamie, ils ne l'atteignent pas, il se rendent aujourd'hui un peu plus crasseux… Il semble qu'ils aient pris cette décision dans la foulée d'un renforcement de la police, tout un programme… Comme j'aurais aimé qu'il soit là et dresse sa haute silhouette, les toise de son regard bleu pour qu'ils se taisent, parce qu'ils l'auraient fermé, c'est sûr…
Je pourrais dire et tant dire en particulier comme ce chêne fut foudroyé, sa faiblesse était le cœur… Je n'ai qu'un regret que certains de ses camarades si serviles devant lui, le flattant dans ses travers, ne l'aient pas assez défendu, assez honoré sa mémoire, ce qui permet aussi à ces gens-là de se conduire aussi mal…
Peut-être faut-il faire oublier ce qui est dit de toute part encore aujourd'hui : s'il y avait un Georges Marchais, ils n'oseraient pas se conduire contre nous comme ils le font…
Danielle Bleitrach
Publié par histoireetsociete le 20 décembre 2014
L' ESPAGNE franquiste, sans Franco: Periko Solabarria,85 ans, 2ans et demi de prison requis...
L' ESPAGNE franquiste, sans Franco: Periko Solabarria,85 ans, 2ans et demi de prison requis...
From: jemi.bayart
Sent: Sunday, December 21, 2014 2:08 PM
De Xarlo...
Pourquoi transmettre? Car c'est à notre porte que cela se passe...
Demain le fascisme...
Combien seraient-ils à s'étonner de la remise d'un prix Nobel post mortem à Franco... Tout est possible. Certains vont même jusqu'à comparer Poutine, Staline à Hitler... N'est-ce-pas!
Il est temps d'ouvrir les yeux.
Exemple, qui, pour certains, n'a rien à voir... Et pourtant:
Dieudonné est de fait, interdit en radios et télés. C'est un fantaisiste de talent, quoique l'on puisse penser de certains de ses sketches.
Cependant, la présidente et ses proches du FN sont largement "autorisés" à s'exprimer en radios et surtout télés, y compris publiques...
jmb
ça ne se passe ni à Cuba, ni au Venezuela...
Periko Solabarria,militant historique de la gauche indépendantiste Basque,de 85 ans est poursuivi par la justice fasciste espagnol.Le procureur a requis contre lui,ainsi que 7 membres de Ernai et 1 journaliste de TOPATU,2ans et demi de prison pour « apologie » dans un acte publique « Gazte Danbada »,qui s'était déroulé l'an dernier à Urduña (Bizkaia).
Encore une belle leçon de démocratie !
Animo lagunak! Adierazpen Askatasuna

Pourquoi transmettre? Car c'est à notre porte que cela se passe...
Demain le fascisme...
Combien seraient-ils à s'étonner de la remise d'un prix Nobel post mortem à Franco... Tout est possible. Certains vont même jusqu'à comparer Poutine, Staline à Hitler... N'est-ce-pas!
Il est temps d'ouvrir les yeux.
Exemple, qui, pour certains, n'a rien à voir... Et pourtant:
Dieudonné est de fait, interdit en radios et télés. C'est un fantaisiste de talent, quoique l'on puisse penser de certains de ses sketches.
Cependant, la présidente et ses proches du FN sont largement "autorisés" à s'exprimer en radios et surtout télés, y compris publiques...
jmb
ça ne se passe ni à Cuba, ni au Venezuela...
y olé España!!
********************************
Periko Solabarria,85 ans,2ans et demi de prison requis.
Encore une belle leçon de démocratie !
Animo lagunak! Adierazpen Askatasuna
Le Tribunal administratif de Paris admet la responsabilité française en Syrie Laurent Fabius, gravement malade, devrait être remplacé
From: nicolas
Sent: Saturday, December 20, 2014 9:03 PM
Subject: Le Tribunal administratif de Paris admet la responsabilité française en Syrie Laurent Fabius, gravement malade, devrait être remplacé
Le Tribunal administratif de Paris admet la responsabilité française en Syrie
Réseau Voltaire International
Le 20 décembre 2014, le Tribunal administratif de Paris a rejeté l'action civile entreprise par sept Syriens contre le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour avoir encouragé la guerre en Syrie et, dès lors, pour complicité dans les meurtres et massacres de leurs familles.
Le Tribunal a considéré, à la demande de M. Fabius, que celui-ci ne pouvait être poursuivi personnellement pour des faits qui relèvent de la politique étrangère de son gouvernement. Ce faisant, le Tribunal administratif ouvre la voie à une action de l'État syrien devant la Cour internationale de Justice (le tribunal arbitral des Nations unies).
Réseau Voltaire International
Le président François Hollande cherche à remplacer au plus tôt son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
M. Fabius souffre de la maladie de Parkinson, confirment au Réseau Voltaire deux sources distinctes à Paris. Pour éviter que ne surgissent des tremblements, il prend toutes les 2 heures de la 3,4-dihydroxyphénylalanine (lévodopa). Malheureusement, ce médicament est connu pour ses effets secondaires. Il provoque chez M. Fabius des crises très aigües de paranoïa.En juillet, le président Hollande lui avait imposé un nouveau secrétaire général au Quai d'Orsay, Christian Masset (ancien conseiller d'Hubert Védrine), avec mission de lui venir en aide [1]. Cependant l'état de santé du ministre s'est considérablement aggravé.
ESPAGNE: Même Courrier International a l'air de trouver ça (un peu) "sévère"...
ESPAGNE: le franquisme, sans Franco ! Le fascisme revient s' installer partout en EURO-DICTATURE capitaliste ... Partout la répression policière et financière en attendant "mieux", ...!
From: Xarlo@aol.com
Sent: Monday, December 22, 2014 10:44 AM
Subject: Même Courrier International a l'air de trouver ça (un peu) "sévère"...
En fait, c'est comme sous Franco;
(PS. Franco, Franco..; qui est-ce déjà?)
****
COURRIER INTERNATIONAL:
C'est un Parti populaire bien seul qui a adopté ce 11 décembre la Loi organique de sécurité citoyenne au Parlement espagnol, raconte El País, « face à tous les autres groupes parlementaires, qui la voient comme une 'loi baillon' et considèrent qu'elle enfreint des libertés fondamentales ».
Une loi née dans la chaleur des manifestations
Dans un objectif proclamé de protection des citoyens, cette loi limite le droit de manifester et prévoit des amendes pour les participants à des manifestations non-autorisées. Aini, se réunir ou manifester, sans autorisation, dans des installations publiques relève de la catégorie des fautes « très graves », passibles d'une amende allant de 30 001 à 600 000 euros. La loi introduit également une sanction pour tout « manque de respect et de considération » vis-à-vis des forces de l'ordre, qui ne serait pas suffisant pour constituer une infraction pénale, et interdit par exemple de filmer des violences policières contre des manifestants. Le gouvernement de Mariano Rajoy a déposé ce projet de loi il y a un an. Et, s'il a été édulcoré, il continue de susciter l'indignation. Il doit désormais passer par le Sénat, avant d'entrer en vigueur.
Le Diario de León, replace cette loi dans son contexte : la crise économique et son cortège de mesures d'austérité ont donné lieu à d'importantes mobilisations. Il ne fait aucun doute, écrit le quotidien régional, que cette loi est « née dans la chaleur des manifestations », et qu'elle vise à les limiter. Ainsi, poursuit-il, «en 2007, l'année avant la crise, on a recensé 4 527 regroupements […]. En 2013, ce chiffre a grimpé vertigineusement jusqu'à atteintre 43 170″, soit dix fois plus, « sans compter les manifestations qui n'ont pas été recensées ».
Reconduites à la frontière
Vanity Fair Espagne relève 15 choses qui vont disparaître. Il n'y aura, par exemple, plus de campements. «Adieu au 15-M [mouvement des Indignés]. Les forces de sécurité pourront déloger 'immédiatement' l'occupation de la voie publique ». Fini aussi les calicots hostiles au Premier ministre : désormais, « on ne pourra pas brandir de pancartes ou crier des consignes clairement hostiles ou vexatoires à l'égard de l'Espagne, des communautés autonomes ou de ses symboles et institutions ».
Enfin, est également prévue dans ce projet une norme destinée aux migrants qui pénètrent massivement dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, sur les côtes africaines. Elle autorise la police et la garde civile à les appréhender sitôt foulé le sol espagnol et à les remettre directement aux autorités marocaines. Cette pratique, appelée « renvois à chaud », est « expressément interdites jusqu'à présent », rappelle El País, car les migrants ont le droit d'introduire une demande d'asile et de consulter un avocat.En gros vous risquez ça :
(PS. Franco, Franco..; qui est-ce déjà?)
****
COURRIER INTERNATIONAL:
C'est un Parti populaire bien seul qui a adopté ce 11 décembre la Loi organique de sécurité citoyenne au Parlement espagnol, raconte El País, « face à tous les autres groupes parlementaires, qui la voient comme une 'loi baillon' et considèrent qu'elle enfreint des libertés fondamentales ».
Une loi née dans la chaleur des manifestations
Dans un objectif proclamé de protection des citoyens, cette loi limite le droit de manifester et prévoit des amendes pour les participants à des manifestations non-autorisées. Aini, se réunir ou manifester, sans autorisation, dans des installations publiques relève de la catégorie des fautes « très graves », passibles d'une amende allant de 30 001 à 600 000 euros. La loi introduit également une sanction pour tout « manque de respect et de considération » vis-à-vis des forces de l'ordre, qui ne serait pas suffisant pour constituer une infraction pénale, et interdit par exemple de filmer des violences policières contre des manifestants. Le gouvernement de Mariano Rajoy a déposé ce projet de loi il y a un an. Et, s'il a été édulcoré, il continue de susciter l'indignation. Il doit désormais passer par le Sénat, avant d'entrer en vigueur.
Le Diario de León, replace cette loi dans son contexte : la crise économique et son cortège de mesures d'austérité ont donné lieu à d'importantes mobilisations. Il ne fait aucun doute, écrit le quotidien régional, que cette loi est « née dans la chaleur des manifestations », et qu'elle vise à les limiter. Ainsi, poursuit-il, «en 2007, l'année avant la crise, on a recensé 4 527 regroupements […]. En 2013, ce chiffre a grimpé vertigineusement jusqu'à atteintre 43 170″, soit dix fois plus, « sans compter les manifestations qui n'ont pas été recensées ».
Reconduites à la frontière
Vanity Fair Espagne relève 15 choses qui vont disparaître. Il n'y aura, par exemple, plus de campements. «Adieu au 15-M [mouvement des Indignés]. Les forces de sécurité pourront déloger 'immédiatement' l'occupation de la voie publique ». Fini aussi les calicots hostiles au Premier ministre : désormais, « on ne pourra pas brandir de pancartes ou crier des consignes clairement hostiles ou vexatoires à l'égard de l'Espagne, des communautés autonomes ou de ses symboles et institutions ».
Enfin, est également prévue dans ce projet une norme destinée aux migrants qui pénètrent massivement dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, sur les côtes africaines. Elle autorise la police et la garde civile à les appréhender sitôt foulé le sol espagnol et à les remettre directement aux autorités marocaines. Cette pratique, appelée « renvois à chaud », est « expressément interdites jusqu'à présent », rappelle El País, car les migrants ont le droit d'introduire une demande d'asile et de consulter un avocat.En gros vous risquez ça :
lundi 11 août 2014
dimanche 10 août 2014
samedi 9 août 2014
mardi 29 juillet 2014
MH17 : un pilote ukrainien affirme avoir abattu le jet - Dernières infos - Politique - La Voix de la Russie
MH17 : un pilote ukrainien affirme avoir abattu le jet - Dernières infos - Politique - La Voix de la Russie
Si cela est vrai, Obama et l' Amérique, répercutés par les médias et les gouvernants des pays satellisés de l' Euro-dictature capitaliste, auront trompé le Monde une fois de plus ...
Si cela est vrai, Obama et l' Amérique, répercutés par les médias et les gouvernants des pays satellisés de l' Euro-dictature capitaliste, auront trompé le Monde une fois de plus ...
samedi 26 juillet 2014
vendredi 25 juillet 2014
Discours de Victor Hugo sur la misère ( à partager autour de vous ) Toujours d' actualité 165 après ...
c/1/2/15/16/23
Discours de Victor Hugo sur la misère ( à partager autour de vous )

Victor Hugo « discours sur la misère » à l'Assemblée Nationale le 9 juillet 1849
«Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas le fait, le devoir n'est pas rempli.
La misère, Messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ?Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?
Mon Dieu, je n'hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s'il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu'il sortît de cette assemblée, et au besoin j'en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l'on ne sonde pas les plaies ?
Voici donc ces faits :
Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver. Voilà un fait. En voici d'autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté après sa mort qu'il n'avait pas mangé depuis six jours. Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon!
Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !
Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m'écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n'est qu'un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n'importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n'eût qu'une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l'abolition de la misère!
Et, messieurs, je ne m'adresse pas seulement à votre générosité, je m'adresse à ce qu'il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d'une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai là.
Messieurs, comme je vous le disais tout à l'heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l'armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l'Etat ébranlé encore une fois. Vous n'avez reculé devant aucun péril, vous n'avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable… Eh bien ! Vous n'avez rien fait !
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé ! Vous n'avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n'avez rien fait tant qu'il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n'avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l'âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! tant que l'usure dévore nos campagnes, tant qu'on meurt de faim dans nos villes tant qu'il n'y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n'avez rien fait, tant que l'esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! Vous n'avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l'homme méchant a pour collaborateur fatal l'homme malheureux!»
Victor Hugo
Victor Hugo « discours sur la misère » à l'Assemblée Nationale le 9 juillet 1849
«Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas le fait, le devoir n'est pas rempli.
La misère, Messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ?Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?
Mon Dieu, je n'hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s'il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu'il sortît de cette assemblée, et au besoin j'en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l'on ne sonde pas les plaies ?
Voici donc ces faits :
Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver. Voilà un fait. En voici d'autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté après sa mort qu'il n'avait pas mangé depuis six jours. Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon!
Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !
Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m'écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n'est qu'un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n'importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n'eût qu'une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l'abolition de la misère!
Et, messieurs, je ne m'adresse pas seulement à votre générosité, je m'adresse à ce qu'il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d'une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai là.
Messieurs, comme je vous le disais tout à l'heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l'armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l'Etat ébranlé encore une fois. Vous n'avez reculé devant aucun péril, vous n'avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable… Eh bien ! Vous n'avez rien fait !
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé ! Vous n'avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n'avez rien fait tant qu'il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n'avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l'âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! tant que l'usure dévore nos campagnes, tant qu'on meurt de faim dans nos villes tant qu'il n'y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n'avez rien fait, tant que l'esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! Vous n'avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l'homme méchant a pour collaborateur fatal l'homme malheureux!»
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